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  •   >>> Vision de villes, images de vie

  >>> Israel Ariño, rêveur du réel

> Le Carré d’Art, Chartres-de-Bretagne
> Juillet 2007
> http://www.israelarino.com
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Si l’univers des songes est accessible aux mortels que nous sommes Israel Ariño en a trouvé les clés. Mais surtout il a réussi à nous en ramener des images inédites et inconnues jusque là.

Étonnant pour quelqu’un qui à la base se destinait à des études – et une carrière ? – en sciences économiques. Fort heureusement, quelques institutions de l’image en Espagne auront raison de cette destinée et l’amèneront à se tourner entièrement vers la photographie, son histoire et ses procédés anciens.

Phantasmagories Serafin

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Phantasmagories Hombres

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Barcelone Silente

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J’ai donc découvert une partie de son travail lors d’un passage, au Carré d’Art, de son exposition Barcelone Silente. Une soixantaine de photographies au format carré. Prises exclusivement de nuit (ou au levant/couchant) dans certains quartiers de Barcelone que Israel affectionne particulièrement, même si ce ne sont pas les plus touristiques ou les plus visuels esthétiquement parlant. Son travail à la chambre amène de toute façon une esthétique particulière et relativement nouvelle. Lorsqu’on s’attache à ses clichés, on s’aperçoit que la zone de netteté est très réduite : une ligne horizontale ou un espace circulaire de faible diamètre pour la plupart. Cette façon de percevoir le sujet, ajoutée souvent à un angle de vue proche du sol (quand on sait la facilité de manipulation d’une chambre photographique, cela fait parfois rêver…), projette le spectateur dans un monde aux perspectives et aux ambiances inédites. Les perspectives sont faussées. On a l’impression de voir une maquette, une reproduction. Pourtant certains détails, précis et difficilement reproductibles nous indiquent bien que l’on est dans le réel. Mais un réel déformé par une lentille imprécise, par un angle peu courant, par un point de vue ne se trouvant pas à hauteur d’homme.

Israel Ariño joue de tous ces artifices de prise de vue, mais aussi de ceux qui sont liés au tirage. Car pour lui un cliché c’est d’abord une histoire, une façon de raconter certains événements de la vie.

Je l’ai revu quelques temps plus tard lors d’une rencontre où il est venu exposer son travail et où il y a pu y avoir un temps d’écoute et un temps de discussion. Il nous a montré un peu plus que ses clichés. Il nous a vraiment dévoilé sa façon de travailler en même temps que sa perception du monde. Il semble que des histoires, réelles ou non, issues du passé ou de moments proches lui viennent en tête (rencontres, lectures, impromptus…). Le processus de création peut alors commencer. Les images se forment en lui, éclosent au travers des ses chambres photographiques et prennent enfin vie sous son agrandisseur où il finit de leur donner entièrement forme. Car pour lui le processus complet est important. C’est pourquoi le travail sur les procédés anciens (sténopés, tirage chimiques artisanaux…) prend une grande part dans son travail.

Et malgré ses travaux couleurs sur Barcelone, je pense que l’ont trouvera encore, et avec bonheur, nombres d’œuvres de sa main sur des papiers barytés à base de fibres ou encore de petits ouvrages assemblés manuellement par ses amis relieurs et dont chaque page comprend des tirages uniques et originaux.